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Le Gura: l'initiation Lamé






Par Mountchi Gilbert

Le « Gura », la circoncision lamé, est l’un des évènements le plus prisé. C’est une cérémonie d’initiation pour des jeunes garçons dont l’âge varie généralement entre 3 à 15 ans. Elle est organisée par le Dju Gura (chef de l’initiation) en accord avec le roi et les patriarches du village. En effet, chaque sept ans, les parents d’enfants sont convoqués à envoyer leurs progénitures en brousse pour une cérémonie d’initiation d’une durée minimum de 45 jours dans une des fameuses forêts de la contrée. Après les différents rites prévus à cet effet, le jeune garçon est conduit au lieu de l’initiation par un parrain, qui est généralement l’ami de son père ou son oncle maternel.
Elle consiste principalement à introduire le jeune homme dans le cercle social des hommes adultes. Ainsi, il passe du statut de garçon à celui d’homme capable de s’assumer. Par  conséquent, l’enfant est initié aux activités telles que la chasse, la cueillette, l’agriculture, l’élevage, les techniques de l’habitat etc. À la sortie de la brousse, l’enfant devient homme et est capable de se défendre dans toutes les circonstances de la vie. Tous les secrets et les mystères de la société lui sont dévoilés et il peut participer librement à toutes cérémonies en particulier celle que participe Myawri, le masque Lamé. Mais il est également soumis à certaines interdictions, notamment l’interdiction de révéler les secrets de l’initiation (surtout aux femmes et au non-initié sous peine de mort), et à l’interdiction de s’associer aux femmes et aux enfants etc.
S’agissant du masque justement, il en existe principalement quatre: Mǝyawri, Igugo, Markamta et Gugo. Igugo et Marǝkamta intervient principalement dans les cérémonies d’initiation et en particulier lors du Gura. Elles sont les mères des jeunes initiés qu’elles assurent la protection mais parfois infligent des corrections aux délinquants. Le Myawri quant à lui intervient dans les rites liés aux cérémonies funéraires et initiatiques. Il assure également la sécurité des villageois en organisant la police des villages. Il est pour tout dire, présent à toutes les grandes cérémonies du peuple Lamé. Le Gugo enfin, est plus présent dans les réjouissances, les fêtes et les jeux et apporte son concours aux femmes par la danse.

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